ù sont les deux fillettes disparues la semaine dernière à Reims ?
Huit jours après leur volatilisation, l'énigme reste entière, et laisse les
enquêteurs perplexes. Sophie et Valérie auraient expliqué leur geste dans une
lettre adressée à leur père, laissée sur leur bureau. « Nous n'avons pas
confiance en la loi française qui ne nous a pas aidées. Nous préférons mourir
que retourner en Italie », auraient-elles écrit, en faisant référence à une
décision de justice qui les oblige à retourner vivre en Italie, aux côtés de
leur mère.
Cette lettre peut-elle être considérée comme crédible ? A-t-elle été dictée
par un adulte, comme le laisse supposer la maman ? Autant de questions sur
lesquelles les policiers butent.
L'hypothèse de la fugue, au départ clairement privilégiée, semble de plus en
plus remise en cause. Une information judiciaire a été ouverte pour enlèvement.
« Au départ, oui, on a enquêté sur une fugue, a dévoilé la procureur de Reims,
Madeleine Simoncello. Après avoir exploré toutes les pistes possibles,
familiale, amicale ou autre, et n'ayant rien découvert, j'ai décidé de retenir
une infraction pénale qui permet de faire certaines investigations d'ordre
technique que l'on ne pourrait pas faire uniquement dans le cadre d'une fugue.
»
Dans le viseur des enquêteurs, le père des deux fillettes plaide l'innocence.
« La justice m'a reproché de les avoir enlevées à leur mère, a-t-il dit.
Maintenant, la police me reproche de les avoir cachées, mais c'est absurde, ce
n'est pas le cas. Elles ont peur de retourner en Italie où elles sont en danger.
» Renaldo Gualtieri, le papa des deux fillettes, fait référence à des violences
que leur mère leur ferait subir. Selon lui, elles seraient « martyrisées ».
Depuis l'Italie, la maman, elle, parle de « manipulation ». Elle fait tout
pour récupérer ses deux enfants, et les faire grandir aux côtés de la première
fille du couple, Brigitte, âgée de 16 ans, dont la mère a la garde.
De leur côté, les enquêteurs piétinent. Leurs recherches n'ont, pour le
moment, rien donné de probant. L'entourage de la famille est désormais passé au
crible, dans l'espoir de dénicher enfin une piste.
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